Origines

Muso Gonnosuke Katsuyoshi

Au début du XVIIème siècle, Muso Gonnosuke Katsuyoshi, un Samuraï de l’école Tenshin Shoden Katori Shinto Ryu, fut défait en duel par le génie du sabre Miyamoto Musashi.

Désirant effacer cette humiliation, il se retira sur le mont Honman, près de Fukuoka dans l’île de Kyushu, où il effectua de longues recherches et méditations pour créer et codifier le Jo-jutsu sous forme de Kata (combats codifiés). La tradition rapporte que la discipline lui aurait été révélée lors d’un songe sous la forme d’un adolescent qui lui aurait dit : « Touche le plexus solaire avec un bâton rond ».

Pendant plusieurs siècles, l’école Shindo Muso Ryu, fondée par Gonnosuke, fut transmise seulement au sein du clan Kuroda de Fukuoka. Il fallut attendre les années 1870, avec la restauration de Meiji et la suppression de la caste des Samouraï, pour voir le Jo-jutsu se développer en dehors des limites du clan, d’abord au Japon (en particulier à Tokyo), puis à l’étranger au XXème siècle.

En 1968, la Fédération Japonaise de Kendo codifia le Jodo sous sa forme moderne (Sete-Jo). Composé d’un ensemble de 12 exercices de base, appelés Kihon, et de 12 Kata inspirés de l’école Shindo Muso Ryu, le Sete-Jo a permis une plus large diffusion de la discipline.


La pratique

Matsui Sensei Hanshi 8ème Dan et Matsumura Sensei Hanchi 8ème Dan

Matsui Sensei Hanshi 8ème Dan et Matsumura Sensei Hanchi 8ème Dan

Le Jodo se pratique à deux. Il s’agit de contrôler avec un bâton (Jo) un partenaire/adversaire qui attaque avec un sabre en bois (Bokken). Le combat libre n’existe pas en Jodo et la discipline est transmise sous forme de combats codifiés, ou Kata.

On commence par apprendre les exercices de base, appelés Kihon. Au nombre de 12, ce sont des séquences courtes que l’on retrouvera par la suite dans les Kata. On travaille les Kihon seul (Tandoku Dosa), puis avec un partenaire armé d’un Bokken (Sotaï Dosa). Cela permet d’appréhender les notions de timing et de distance, ou Maaï.

Après cela, on passe à l’étude des 12 Kata du Sete-Jo, codifiés par la Fédération Japonaise de Kendo. Ces Kata sont de difficulté croissante et l’on apprend les deux rôles : d’abord le rôle du bâton, puis celui du sabre. De ce fait, le Jodo n’est pas seulement une école de bâton ; c’est également une école de sabre.

Les apports

Le Jodo peut être pratiqué par tous, femmes et hommes, quasiment sans limite d’âge. Sans chutes, ni chocs traumatisants, avec un travail tant à droite qu’à gauche, il développe les réflexes, la prise de décision rapide, la concentration et la vigilance des pratiquants. A la recherche du geste exact et le plus simple possible, le Jodo nous pousse à travailler la maîtrise de soi, toujours dans le respect de l’autre.


La compétition

Il peut paraître étrange de pratiquer la compétition dans une discipline où le combat libre n’existe pas, d’autant plus que l’on n’est pas opposé directement à son adversaire.

Deux équipes (Jo et Bokken) effectuent en parallèle les mêmes Kata. Sont jugées la technique, l’efficacité, la justesse d’exécution et la sincérité. Les compétitions se déroulent par catégories de grades.

Dans les faits, il faut considérer la compétition comme une forme particulière d’entraînement, en situation de stress, dont on pourra tirer des enseignements pour sa pratique quotidienne.